Panel
7. Multiple Ontologies: Religions, Religiosities, Philosophies and Languages
Frédérique Louveau
Université Gaston Berger, Centre d’étude des religions, MOVIDA, Senegal
C’est dans un contexte africain marqué par les Indépendances, la croissance économique et l’ouverture vers le monde que dans les années 60 Sukyo Mahikari, une organisation religieuse japonaise fondée en 1959 par un officier de l’armée impériale, s’exporte dans le monde entier depuis la France en Afrique de l’Ouest, où les populations africaines, chrétiennes et musulmanes, deviennent de fervents adeptes. Construit autour d’un rituel de purification d’origine shinto, c’est par les mobilités de personnes initiées que l’organisation fait circuler ses savoirs religieux, localement appropriés par un cercle de connaissances. Alors que les alertes liées au changement climatique ont eu du mal à être entendues par les populations, les adeptes africains de Sukyo Mahikari se sont emparés depuis des années de la cause environnementale espérant sauver le monde, notamment par leur participation active à la mise en œuvre du projet de la Grande Muraille Verte au Sénégal. C’est la circulation et la réappropriation de savoirs environnementaux par une élite africaine que je souhaiterais examiner ici dans leur dimension transnationale, à partir de travaux ethnographiques menés au Sénégal au sein de Sukyo Mahikari.