Panel
1. Human-Nature-Technology: Interactions and Responses
Khadim Mbow
Université Paris Cité/CNRS/CERMES3, France
La pollution industrielle constitue un enjeu majeur dans la gouvernance environnementale dans de nombreux pays du Sud global, notamment au Sénégal, où les industries chimiques contribuent à la dégradation rapide de la qualité de l’air (Sow et al., 2022). Bien que la pollution de l’air affecte gravement la santé publique et l’environnement (WHO, 2016), à Mboro, ville où sont implantées les Industries Chimiques du Sénégal (Ics), elle est souvent marquée par l’absence de données complètes, fiables et accessibles. En effet, la question de la pollution atmosphérique reste en grande partie invisible, tant dans les discours publics que dans les données officielles, tandis que les dénonciations des communautés locales concernant les émissions toxiques, sont renforcées par des données citoyennes qui émergent et deviennent des vecteurs de contestations face à une gouvernance perçue comme inefficace (Diallo, 2017). La gestion de la qualité de l’air à Mboro, au Sénégal, met en lumière un problème crucial de gouvernance environnementale, où l’interaction entre les industries chimiques et les populations locales révèle des inégalités structurelles. Ces populations, souvent marginalisées, se retrouvent piégées dans des zones à risques sans avoir accès aux données sur la qualité de l’air. Tandis que les discours technico-industrielle invisibilisent les impacts de la pollution, parallèlement, les communautés locales développent des formes de résistance, mettant en lumière une tension entre la gestion technico-industrielle et les mobilisations sociales qui émergent dans un contexte de crise environnementale.
Cette communication propose d’analyser les dynamiques de gouvernance qui sous-tendent la gestion de la pollution atmosphérique à Mboro.